Au Jardinot des Aygalades, héritage ouvrier, terres industrielles et tomates mûres
Cet été, Marsactu raconte en série les jardins et leurs usages. Qu’ils soient nourriciers, citadins, culturels ou purement récréatifs, ils disent beaucoup du rapport que nous entretenons à notre environnement immédiat. Détour par un jardin cheminot où pour cultiver, il faut composer avec des terres polluées.
L'ancien Jardin cheminot de Marseille est devenu, en avril dernier, un "Jardinot". (Photo C.By.)
"Vous voulez un café ?" Il n'est pas encore neuf heures et Pierre met de l'eau à chauffer dans une casserole rouge qui en a vu d'autres. Le petit cabanon fait de bric, de broc, de récup et d'ingéniosité prolonge la parcelle dans laquelle ce retraité passe le plus clair de ses matinées estivales. Pierre Sanchez est le vice-président de l'association qui gère l'ancien jardin cheminot de Marseille, devenu en avril dernier le Jardinot - centre de jardin Saint-Louis les Aygalades, dans le 15ᵉ arrondissement de la ville.
Il fait déjà chaud, Pierre finit son café et part en inspection matinale. Les aubergines rondes, les courgettes prolongées de leurs fleurs jaunes éclatantes et les petits poivrons marseillais sont presque bons à être récoltés. En revanche, les plants de poireaux fraichement repiqués peinent sous le soleil. Pierre peste. Accablées de chaleur, les petites salades n'arrivent plus à grossir, elles montent en graine directement. L'année prochaine, il faudra se résoudre "à les protéger d'une toile", regrette-t-il.
Tamis à roulette
Comme Pierre Sanchez, ils sont une trentaine à venir jardiner là, sur des lopins d'environ 200 mètres carrés. Si le jardin a officiellement vu le jour en 1998, "sur des terrains qui appartiennent toujours à la SNCF, les plus anciens y cultivent depuis quarante ou cinquante ans", retrace Pierre, dont les deux parents étaient cheminots à la gare Saint-Charles. Il est rejoint par son ami Georges Lamperti — "Jojo le jardinier !", se présente l'intéressé, docker retraité, en . . .
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