« Il faut aller chercher chez les enfants leur désir de création »
En 1990, Loïc Chevrant-Breton fondait à Marseille Arts et Développement, structure qui promeut la création dans l'espace public auprès des enfants des quartiers populaires. Une initiative au croisement de l'ingénierie, du social et de l'artistique qui doit beaucoup au parcours de son fondateur.
Loïc Chevrant-Breton et un enfant qui joue à cache-cache. (Photo : C.By.)
"Ça commence toujours comme ça. D'abord, il n'y a personne." Le soleil cogne dur sur l'herbe déjà bien desséchée. Au cœur de la cité des Rosiers, en ce mercredi matin, la petite équipe d'Arts et Développement profite d'un coin d'ombre sous quelques arbres pour y déployer deux vastes bâches et plusieurs tables sur lesquelles sont déposés feuilles de papier de diverses tailles, pinceaux, rouleaux et éponges, pots et palettes de peinture. Depuis dix ans, comme de nombreux quartiers en France, le vaste ensemble du 14ᵉ arrondissement de Marseille accueille chaque semaine un atelier de cette association qui promeut la création auprès des enfants des quartiers populaires, dans l'espace public.
Pablo, grands yeux noisette et quelques dents manquantes, est le premier à débouler. Il fait six avec les doigts pour donner son âge, avant d'embarquer une large planche à dessin. Derrière la table où, petit à petit, chaque enfant vient décliner son prénom, son nom et son âge, Loïc Chevrant-Breton se tient les mains dans le dos, le sourire épanoui. Ce natif de l'Isère, né en 1945 à Jallieu, avant que la commune se lie à Bourgoin, est marseillais depuis 45 ans. C'est ici que cet octogénaire aux multiples vies a fondé Arts et Développement, projet pionnier au début des années 1990 qui, depuis Marseille, essaime désormais dans plusieurs régions de France. Son intuition d'alors : "Aller dehors, dans les quartiers où les besoins sont nombreux, mener des ateliers de rue où l'on fait intervenir des artistes et revenir, revenir, revenir...", dit-il.
Place de village
Aux Rosiers, l'atelier reçoit plusieurs dizaines de minots chaque semaine ; ils sont 32 à participer ce matin-là. L'une des bâches est dédiée à la libre expression des enfants, la seconde sous-tend un travail de création mené par deux plasticiennes en résidence depuis deux ans au sein de l'association, Alice Ruffini et Valentine Ponçon du collectif artistique Degrés 127
Il est extraordinaire ce monsieur ! Toujours en admiration face à ces personnes qui conceptualisent puis lacent pareils projets.
Et son regard toujours émerveillé sur les œuvres des gosses, soigneusement conservées, après toutes ces décennies…
Tellement ressourçant que de lire ces portraits, merci !
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