L’enfer inextricable du parc Corot

Enquête
le 8 Juil 2017
8

Dans le 13e arrondissement de Marseille, le parc Corot est un symbole des copropriétés qui se dégradent à mesure que leurs propriétaires n'assument plus leur charges. Dans ce quartier, les tours A et C sont en très mauvais état mais les appartements, s'ils ne se vendent plus continuent à se louer. En attendant que les collectivités interviennent... et démolissent ?

L’enfer inextricable du parc Corot
L’enfer inextricable du parc Corot

L’enfer inextricable du parc Corot

C'est un vallon vert où les minots courent à l'ombre des pins sous l'œil bienveillant des parents accoudés aux balcons. Cette image n'existe pas. Ou alors dans un monde rêvé comme savent le dessiner les architectes à la palette graphique.

Au parc Corot (13e arrondissement de Marseille), sous les pins, courent les rats. Certains pieds d'immeubles sont jonchés d'ordures et d'encombrants, frigo, canapés qui basculent parfois depuis les balcons des derniers étages avec de grand bruit d'explosion. Sans compter les tas de pneus et gravats déposés par des entreprises qui profitent de l'état d'abandon.

Le parc Corot est devenu un symbole de l'habitat indigne, une des onze copropriétés dégradées que l’État et la Ville ont ciblé en priorité de leur action commune (lire notre article). Au cœur de ce point noir des quartiers Nord, deux bâtiments dominent. Le A et le C concentrent les problèmes récurrents d'insalubrité, de marchands de sommeil, de délinquance chronique, de copropriété en faillite et de bâti dégradé qui s'effrite à vue d’œil. C'est autour d'eux que les ordures s'amoncellent.

La verrue et la tour

Comment une copro se dégrade ?
Les copropriétés sont gérées par un conseil syndical où siègent des représentants des propriétaires. Ce conseil syndical mandate un syndic professionnel qui gère le ou les immeubles et les parties communes. C'est ce syndic qui rassemble les charges, programme et commande les travaux et opère les appels de fonds pour les financer. Or, si trop de propriétaires peinent à faire face à leurs charges, la copropriété creuse peu à peu un déficit, et ne fait plus face à ses obligations. Très rapidement, le bâti se dégrade, les appartements perdent de leur valeur , sont mis en vente et rachetés par des propriétaires dont la salubrité ou la dignité ne sont pas le souci principal. C'est ainsi que s'installent de véritables bidonvilles verticaux.

La barre du A, peinte en orangé, est appelée "la verrue" par une partie des habitants. Elle est promise à la démolition depuis des lustres. Juste à côté, "la tour" C de 16 étages réunit les bâtiments C5 et 6. Du toit, la vision panoramique est à couper le souffle. Les collines, la mer, la bonne mère...

Le toit-terrasse, accessible à tous est partiellement sans garde-corps. Il sert parfois de raccourci aux habitants en cas de panne d'ascenseur dans l'un des deux bâtiments. Il permettait aussi aux guetteurs du réseau qui était installé de longs mois dans le hall du C de voir venir les forces de police. "Il leur arrivait de balancer des moellons depuis le toit comme depuis un donjon, glisse Joël Carrère, propriétaire d'un appartement vide qu'il peine à louer depuis des mois. Les baux ne durent jamais plus de quelques semaines : soit les gens s'en vont quand ils découvrent le quotidien de la . . .

Benoît Gilles
Journaliste

Commentaires

ordre

8 commentaires


Rejoignez-la communauté Marsactu pour, vous aussi, contribuer au débat local. Découvrez nos offres

ou connectez-vous si vous êtes déjà abonné⋅e.
  1. Pascal L

    « Compte tenu du faible coût d’acquisition des appartements par leur propriétaire, autour de 45 000 euros pour les plus chers, la rentabilité est bel et bien au rendez-vous. »
    Je crois que cette phrase résume presque tout. Ces propriétaires sont de toute nature et de toute classe sociale : ce ne sont pas que des riches ou des nantis. Ils ont une chose en commun, l’absence de scrupules habillée de l’habituel « moi d’abord et j’en ai pas honte car la vie est une jungle … et mort aux cons – mais quand même je ne veux pas trop que ça se sache » . Il serait d’ailleurs intéressant de publier la liste des propriétaires (plus ou moins planqués derrière des SCI) … mais je crois que c’est illégal, … dommage, car ce serait très instructif !
    Pour faire du fric, il vaut mieux exploiter les pauvres, c’est bien connu ! En général ils sont dans l’incapacité de se plaindre. (Sauf au cinéma … mais c’est du cinéma !)

    Signaler
  2. N SV

    Les rénovations ne servent à rien. 3 mois plus tard tout est à nouveau defoncé et sali… Quant aux poubelles jetées par les fenêtres, qu’il y a t il a dire ? Aucune éducation, aucun savoir vivre. Et après ça se plaint de vivre dans la m***e.

    Signaler
  3. corsaire vert

    Quand une résidence est mal gérée et se dégrade de cette façon il ne faut pas s’attendre à ce qu’elle héberge le gratin de Marseille !
    Facile d’incriminer les pauvres !!!
    Quant au syndic cité, oui, c’est bel et bien une crapule et son mode de fonctionnement est de se mettre les présidents de CS dans la poche en leur faisant gagner de l’argent par tous les moyens et comme ceci il se décharge de la gestion !
    Le conflit d’intérêts c’est sa spécialité …
    Les deux présidents des CS : l’un achète les apparts à bas prix et l’autre fait tous les travaux avec son entreprise …exemple …

    Signaler
  4. michele42

    les ordures jetées par les fenêtres c’est insoluble j’ai fait venir 7 bennes pour débarrasser Une semaine plus tard il y en avait autant, les factures du syndic ne sont pas tristes non plus , il y a des frais pour entretien de jardin , mais il n;y a pas de jardin. Oui ce sont de gros rapports pour les propriétaires ….

    Signaler
    • Karim MILOUDI

      Bonjour Madame Poncet,

      Oui effectivement j’étais avec vous quand vous avez fait intervenir les bennes en question.

      Signaler
  5. Karim MILOUDI

    Les copropriétaires ne paient pas leurs charges ! Comment voulez-vous qu’une Copropriété fonctionne sans charges? Regardé le pédigrée de l’administrateur sur Google vous verrez à qui nous avons affaire.

    Signaler
  6. Karim MILOUDI

    C’est facile de montrés du doigt les salariés, nous ne sommes plus payer depuis Novembre 2016 ! Malgré deux condamnations du conseil des prudhommes. À qui la faute ? Sûrement pas au salariés !

    Signaler
  7. Karim MILOUDI

    @corsaire vert , de quelle famille parlé vous ? Pourquoi ne pas mettre un commentaire avec votre vrai nom et prénom ? Peut-être avez-vous quelques chose à caché ? Personnes ne paient les charges ! Comment voulez-vous qu’une Copropriété fonctionne ? Vous devriez vous occupé de l’argent public que nos élus dilapide !

    Signaler