Vote arménien mon amour
Le long du boulevard du 24 avril 1915 (date qui commémore le génocide), les candidats de droite et de gauche font les yeux doux à l’électorat arménien. Un vote communautaire auquel personne ne croit, mais que tout le monde drague dans la 1ère circonscription. Plus ou moins subtilement.
Il n’en revient pas, Boghoss*. Ce vendredi matin, dans sa boite aux lettres, il a trouvé une enveloppe blanche. Dûment affranchie et émanant de Valérie Boyer, candidate Les Républicains dans la première circonscription des Bouches-du-Rhône. À l’intérieur : quatre pages sur papier glacé vantent l’action de la députée sortante durant la mandature qui s’achève. Pas toute son action. Seulement celle concernant, de près ou de loin, à la cause arménienne. Reconnaissance du génocide, pénalisation du négationnisme, dénonciation des "dérives de la Turquie d’Erdogan", engagement pour le Haut-Karabagh, soutien aux chrétiens d’Orient… "Si c’est pas de l’électoralisme, qu’est-ce que c’est ?", questionne Boghoss. Ce quadra aux racines arméniennes vit et vote dans le 12e arrondissement. Au passage, il s’interroge sur la nature du fichier qui a permis à la sortante de lui faire parvenir ce long communiqué : "Ils ont épluché les listes électorales et repéré tous les noms en « ian » ?" Sans doute.
Accoudée à la Rotonde Bar, dans le quartier arménien de Beaumont, Valérie Boyer fait une pause-café après avoir tracté à l’école Rosière-Figone, toute proche. Comme Pascal Chamassian, qui concourt pour La République en marche, et Franck Allisio, investi par le Front National, la députée Les Républicains jure, la main sur le cœur, que "le vote communautaire n’existe pas." Mais, comme ses concurrents, elle flatte les électeurs d’origine arménienne. Dans le doute... D’ailleurs son staff l’admet : "On a cherché à quantifier le nombre d’électeurs que cela représente vraiment." Si l’équipe Boyer assure ne pas avoir obtenu un résultat tangible, un fin connaisseur de la circo a établi, lui, le "poids" arménien. "Pas loin de 4 000 électeurs, dit-il. Environ 1150 sur le 11e arrondissement et 2750 sur le 12e. Sur un corps électoral de 78 000 votants, 3900 personnes, ça équivaut à 5 %. Ça ne fait pas tout, c’est vrai… Mais ça peut faire, ou défaire, une élection."
Un drapeau arm . . .
Sur la photo de l’article, Pascal Chamassian est à gauche d’Emmanuel Macron non à droite
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Il se trouve bien à la droite d’Emmanuel Macron, mais en effet, du point de vue du lecteur, à gauche de la photo. Sacré casse-tête que la recomposition politique !
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Tout va bien, EM est au centre!
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