« On a toujours dit que l’autoroute ne se ferait pas, et puis soudain, ça accélère »
[Avant le bitume - 2/4] C'est un chemin invisible, qui bientôt ne sera plus. Pour cette série, Marsactu part à pied sur le tracé de la future autoroute qui reliera Martigues à Fos. Deuxième étape, au plus près des lotissements.
Les maisons neuves, collées les unes aux autres, du lotissement Eloquentia. (Photo : B.G.)
Cela part mal, ce reportage, à marcher sur une frange de bitume caillouteuse, devant une file de voitures qui patientent puis accélèrent dans une volée de gravier. On finit dans le fossé, à slalomer entre les pieds de fenouil et les chardons, à entendre craquer sous le pied les limaçons venus mourir en grappe sur les tiges odorantes. Ici, bientôt passera une autoroute de deux fois deux voies qui fera une boucle de huit kilomètres, contournant Martigues et Port-de-Bouc, et facilitant le trafic des poids lourds en transit vers le port de Marseille Fos. La campagne port-de-boucaine retient un dernier souffle de ruralité, avant l'arrivée des camions.
La petite départementale qui relie la commune à ses voisines d'Istres et Saint-Mitre est déjà très empruntée. Le trafic dense, en cette fin d'après-midi estivale, crée des bouchons à l'intersection avec le chemin du Pourra, qui serpente entre les vignes. En plus des routes, passent ici des pipelines d'hydrocarbures, signalés par une rangée de balises à petit chapeau pointu, et deux lignes à haute tension qu'on entend vibrer dans le souffle d'air qui balaie le vallon. Par contre, des humains accessibles, nib. "Faites attention. Vous allez vous faire écraser", prévient un automobiliste bienveillant, en tutoyant nos mollets. On opine en décalant dans le fossé.
Pourtant, on nous avait prévenus. On dit "on" parce qu'on a promis de ne pas le citer. Il habite le premier lotissement qui dessine une virgule de petites villas "provençales", avec crépis rose, cigale en céramique, croix camarguaise en fer forgé et autocollant d'alarme connectée dont on fait la r . . .
Quelle
horrible perspective pour Port-de-Bouc !
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Mettons qu’il y ait deux Port De Bouc : Port de Bouc des villes et Port de Bouc des champs. Cette voie nouvelle, si elle va impacter un certain nombre de Port de Boucains des champs, va libérer un bien plus grand nombre de Boucains des villes soumis depuis des lustres aux préjudices de la voie rapide qui coupe la ville en deux. Fin des années 50, les concepteurs de la zone industrielle de Fos n’ont pas vraiment anticipé la dimension des voies de desserte aussi bien ferroviaires que routières. En 72, la création de l’A55 et du pont autoroutier de Caronte a créé un nouveau trafic routier énorme (on ne passait jusqu’alors que par Martigues et ses pont)s. Ce trafic débouchait sèchement sur Port de Bouc et seul un élargissement de la nationale a été décidé, aucun projet de continuation de l’autoroute ni d’évitement de Port de Bouc n’étant dans les tuyaux alors que les terrains au nord de la ville étaient alors non construits. Port de Bouc était alors une ville très industrialisée dont les habitants ouvriers ne votaient pas vraiment à droite ni au centre, ceci expliquant peut-être cela.
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Merci pour ce deuxième épisode.
Je trouve que c’est assez bien vu par Yoann : on va faire un contournement autoroutier pour que la route arrête de passer au milieu de la ville, après quoi on construira une nouvelle extension de la ville au bord de l’autoroute.
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Merci Benoît d’être allé à pieds braver les éléments hostiles pour nous servir ce reportage de terrain si bien écrit. A la lecture, nous sommes avec vous dans le caniveau, à nous piquer aux herbes sauvages, dans les parfums de fenouil et de gaz d’échappement. Merci d’avoir eu la volonté de sonner aux portes fermées malgré les chiens et les autocollants des sociétés de surveillance. Je suis restée toutefois sur ma faim, cet article est bien trop court. Il en appelle d’autres. Dans l’esprit des « Invendables ».
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La vision métropolitaine de la mobilité (et du développement de l’économie) sur le territoire n’a toujours pas évolué.
On reste sur des schémas classiques : la route, la route, la route ; le giga, le giga, le giga….
Rien sur l’amélioration ou le développement du fret sur rails ou bateau…
Rien sur une réindustrialisation respectueuse des limites planétaires…
La médiocrité de cette vision impacte tout notre territoire et la vie des habitants. Exemple : toute la ZIP de Fos va de nouveau être sacrifiée sur l’hôtel de la soi-disante décarbonation avec de nouveaux projets industriels gigantesques et impactants….qui ne vont que remplacer les anciens projets industriels polluants….et qu’il faudra alimenter avec une ligne THT de 400 000 volts….
C’est un cercle vicieux qui ne fait qu’augmenter le sentiment d’abandon, de colère et d’exaspération exprimés par les habitants…..et qui va se traduire en 2026 dans les urnes.
Notre département devient le réceptacle de projets dont les autres ne veulent pas/plus….mais qui semblent convenir à des élus qui n’ont aucune vision d’avenir.
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@Kitty
« Sacrifiée sur l’hôtel de la décarbonation ? « Ah… donc en plus du sacrifice, on a droit au petit-déjeuner inclus et au Wi-Fi gratuit ?
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Sachant que l’expropriation est inscrite dans la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen (art. XVII), je ne saurais que conseiller aux citoyens concernés par un tel projet de négocier au plus tôt leur expropriation… Le faire tôt c’est pouvoir négocier avantageusement, le faire tard sous la contrainte est la garantie perdre sur les 2 tableaux.
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