Dans la rue, la détresse des personnes précaires faute d’accès à l’eau

Reportage
le 4 Juil 2025
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À Marseille, les plus vulnérables sont confrontés à un accès difficile à l’eau et à l’hygiène en période de canicule. Les institutions et associations s’organisent, malgré de nombreux dysfonctionnements et des besoins toujours plus importants.

Une vingtaine de personnes attend une distribution d'eau lors d'une maraude. (Photo : E.S.)
Une vingtaine de personnes attend une distribution d'eau lors d'une maraude. (Photo : E.S.)

Une vingtaine de personnes attend une distribution d'eau lors d'une maraude. (Photo : E.S.)

Les traits tirés, Fred recompte les quelques pièces de monnaie qu’il a récoltées dans la journée. Il semble ployer sous le poids de son sac de randonnée. "Il n’y a que des bouteilles d’eau dedans, ça fait lourd à trimballer", sourit-il. Sans domicile fixe depuis deux mois et demi — comme 16 000 autres personnes à Marseille, selon la mairie —, le quadragénaire a trouvé une parade pour garantir son accès à l'eau pendant la canicule : il fait la tournée des restaurants du quartier Noailles. "Quand ils me laissent rester un peu, je fais ma toilette, j'arrive à prendre des douches. Avec la chaleur, c'est obligatoire." Interrogé sur sa débrouille, il confie compter d'abord sur lui-même plutôt que d'avoir recours aux équipements publics : "Il faut marcher jusqu'aux fontaines, trouver les toilettes... C'est plus pratique de s'en sortir tout seul."

Comme Fred, les plus précaires souffrent d'un accès à l'eau limité à Marseille, les exposant, encore plus que le reste de la population, aux risques des fortes chaleurs. Pour se rafraîchir ou se laver, beaucoup misent sur le système D, ou comptent sur le soutien de tiers et de structures spécialisées pour essayer d'échapper à la fournaise.

Absence de bilan chiffré

"De manière générale, l'accès à l'eau à Marseille a toujours été extrêmement problématique", admet Audrey Garino, adjointe (PCF) au maire en charge des affaires sociales, de la solidarité et de la lutte contre la pauvreté. Au sortir du confinement, les autorités locales ont pourtant multiplié les mesures pour doter le territoire marseillais en points d'eau . . .

Emilia Spada

Commentaires

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5 commentaires


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  1. Gentiane

    16000 personnes à la rue, 50 à 60 douches par jour…
    Quelle tristesse de laisser ces personnes vulnerables dans cette situation.

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  2. AlabArque

    Quant au cynisme des 12 fontaines à boire ‘dans le métro’, oui, mais après validation du titre de transport … lamentable !
    Et 30 points d’eau supplémentaires en 10 ans, ça en fait 3 par an ?
    Dans la série foutage de gueule, ces dames patronnesses sont irrésistibles

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  3. Patafanari

    Pendant que l' » homme precarus » se dessèche sur place, « l’homme festivus »
    représente l’homme contemporain obsédé par la fête perpétuelle. Cette célébration permanente conduit à une forme de déni du réel, effaçant l’histoire, la négativité et la complexité de l’existence au profit d’une vision uniquement festive et positive du monde.
    https://www.frequence-sud.fr/art-104954-la_scene_sur_l_eau_lance_les_festivites_de_l_ete_marseillais_ce_vendredi_4_juillet_marseille

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  4. BernardMounier

    Un diagnostic a été payé à l’ONG Solidarité international par Martine Vassal. Il devait être rendu avant le 15 janvier. Où se trouve-t-il ?
    La quasi-impuissance avouée par le Printemps marseillais ne correspond pas à son programme de 2020.
    Ces élus, de l’aveu de Perrine Prigent, négocient dans l’opacité avec la Métropole…
    Les compétences établies par la loi MAPTAM sont une réalité incontournable, sauf si l’on ne considère pas les Marseillais comme « des administrés », mais des acteurs majeurs qui doivent être pleinement mobilisés, y compris avec l’aide des élus pour coopérer à un bifurcation dans l’adaptation juste au sècheresses et au bouleversement du cycle de l’eau dans la ville.

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