Menacés d'expulsion, les habitants des Cèdres ne veulent pas céder

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le 21 Oct 2014
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La tour B des Cyprès en 2014.
La tour B des Cyprès en 2014.

La tour B des Cyprès en 2014.

C'est une banalité de ces quartiers du Nord de la ville. A lire les noms des cités, c'est une forêt, on s'y perdrait. Entre les Oliviers, les Cyprès, les Lauriers ou les Cèdres, il ne devrait y avoir que du vert à l'horizon. Mais non. C'est surtout du gris béton. Avec, çà et là, un peu de rose, façon image de synthèse. Depuis 2010, le projet de rénovation urbaine est censé apporter cette touche colorée en rasant barres et blocs, traçant de nouveaux cheminements pour les piétons, des places, des voies urbaines pour ouvrir le vallon Malpassé sur le reste de la ville. 

Pour l'heure, ce rose n'est qu'un horizon lointain. Surtout vu depuis le haut de la tour B, dite des Cyprès. Cinq familles y vivent encore, disséminées sur les 19 étages de ce fleuron de l'architecture des barres et tours. Celle-ci est appelée à être foudroyée pour laisser place à une nouvelle voie, un parvis pour l'école, un cheminement piéton, bref, un peu de respiration. 

Toutes sont visées par une procédure d'expulsion déclenchée par leur logeur, Habitat Marseille Provence (HMP). Toutes racontent peu ou prou la même histoire. Samira Kheniche : "Les gens de la Mous [maîtrise d'ouvrage urbaine et sociale, ndlr] m'ont fait passer trois propositions de relogement que j'ai toutes refusées parce qu'elles ne me convenaient pas." Elle égraine alors les problèmes : un quatrième étage sans ascenseur aux Lilas, un autre aux Aygalades, loin de tout et le dernier à Saint-Loup "près de là où vit mon ex-mari alors que je leur avais bien dit que c'était hors de question". Même série chez sa voisine, Véronique Misseris. Cette mère de trois enfants ne remettrait les pieds à Frais-Vallon pour rien au monde. "J'y ai grandi mais ça a changé. En mal", résume-t-elle. Elle a également refusé les deux propositions suivantes. Tout comme Naïma Bettal et Idaïa Ali qui ne voulaient pas d'un 4e étage sans ascenseur aux Lilas "avec [ses] problèmes de dos", précise cette dernière.

Les Oliviers, Saint-Paul -"les vieux immeubles, pas la nouvelle cité" - ou encore Saint-Théodore, les mêmes noms reviennent d'une bouche à l'autre. Comme si le logeur avait fait tourner les appartements libres de son patrimoine. De cette litanie des refus émergent des subtilités d'habitants rompus à la mosaïque des cités : les Oliviers A, ça ne va pas alors que la version B ou C apparaît plutôt prisée. "Moi, j'ai envie d'un quartier plus tranquille, de changer d'atmosphère. Ce n'est pas parce qu'on habite un quartier mal famé qu'on doit nous proposer la même chose ailleurs, argumente Véronique Misseris. Il y en a même dans les quartiers Nord mais ce n'est . . .

Benoît Gilles
Journaliste

Commentaires

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7 commentaires


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  1. lecteur

    Il serait vraiment étrange que l’amiante, qui représente un danger pour les occupants, ne soit décelée qu’au moment où l’on veut détruire les bâtiments. Le diagnostic est obligatoire depuis 1997 pour les bailleurs sociaux.
    L’amiante n’a pas fini de tuer.
    Le foudroyage répand des poussières dans l’atmosphère, de quel type d’amiante s’agit-il?

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  2. Anonyme

    Le cèdre cède, ou n’a pas cédé ?
    C’est comme pour la cèbe et la cébette, les accents changent de direction, et il faudrait changer celui du titre de la page

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  3. Anonyme

    Au bâtiment Q, le refus de trois familles bloque le relogement de 136 autres qui patientent dans un logement temporaire
    Tout est dit dans cette simple phrase 3 familles qui bloquent 136 autres alors que ces tours seront détruites au final et la justice finira par les expulser mais dans l’attente qui paie les logements provisoires des 136 autres ?

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  4. Anonyme

    La logique voudrait que l’on construise avant de démolir mais il n’est normal de refuser de partir pour un loyer à 700 € quand on sait que l’on ne pourra jamais y arriver. Quant à la blague du RESTE A CHARGE c’est vraiment se foutre des locataires le loyer reste le même mais on enlève l’eau qui est englobé dans les quittances ainsi que le chauffage qui est collectif. on règle le même montant du loyer mais il faut payer en plus la facture d’eau à part ainsi que le chauffage qui est en général électrique. il suffit que la situation change pour que l’on paie beaucoup plus cher. Bref un coup d’esbrouffe. Dans le cadre de la convention ANRU on doit s’occuper des plus fragiles et âgées, or, je constate comme aux Créneaux que c’est toujours les personnes les plus fragiles qu’on laisse à la fin !!!!!!!!!!!!. On a pensé à ces locataires qu’on a ignoré depuis plus de 40 ans. Quant à l’amiante, il y a eu des spécialistes qui ont fait des tests auparavant et qui n’ont rien trouvé et plus tard on doit détruire en raison de l’amiante!!!bizarre bizarre….oui j’ai bien dit bizarre!!!!!!

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  5. NicoJean

    C’est normal qu’ils soient en colères, ces personnes ne sont mêmes pas sûres d’être relogées, ou alors dans un appartement qui n’est pas descend et qui ne correspond pas à leurs demandes (http://www.millebabords.org/spip.php?article2676). A quoi bon déplacer les problèmes ? Des dispositifs ont été mis en place par le gouvernement pour faciliter l’accès à la location des revenus les plus modestes dans les zones tendues comme Paris et sa région ( http://www.la-loi-pinel.com/avantages/loi-pinel-paris/plafonds-pinel/ressources-locataires/ ). La vraie solution, c’est de permettre aux gens de devenir propriétaire, pas les déplacer pour les cacher du paysage.

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  6. mimi

    c’est là qu’on voit les ravages des ministres successifs sur la politique du logement, on avait la loi duflot qui permettait de répondre justement à ces problématiques là et depuis que Mme pinel a été nommée ministre, elle a modifiée la loi duflot pour y mettre sa propre loi : Pinel ( http://loipinel-gouv.org )..en remodifiant à nouveau l’ensemble des mesures précédemment prises …comment vous lez vous que ça évolue dans le bon sens en faisant un pas en avant et 2 pas en arrière.

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  7. Trésorier

    Ces locataires ont un comportement d’assistés.

    Le statut de bénéficiaires d’HLM est désormais à vie, sans remise en cause des surfaces malgré le départ des enfants et sans remise en cause selon l’évolution des revenus<. Les baux ne devraient être que de 6 ans et remise des compteurs de tous les locataires et demandeurs tous les 6 ans.

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