[Vivre à la Busserine] La réplique d’un quartier contre la violence

Reportage
le 6 Juin 2018
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Le 21 mai dernier, une vidéo d'hommes cagoulés, armés de kalachnikov et tirant en l'air a fait la une des médias nationaux. Elle provenait de la cité de la Busserine (14e arrondissement). Souvent désigné comme un lieu de précarité, de trafic de drogue, ce quartier populaire de Marseille se caractérise aussi par une vie associative ancienne et dynamique. À la suite de ces événements, des associations et jeunes du quartier préparent une réponse pacifique, sous la forme d'une journée contre la violence. Premier épisode de la série "Vivre à la Busserine".

Aurélie Moulin, professeure d'histoire, anime une rencontre entre habitants au centre social l'Agora. (Image Julie Le Mest)
Aurélie Moulin, professeure d'histoire, anime une rencontre entre habitants au centre social l'Agora. (Image Julie Le Mest)

Aurélie Moulin, professeure d'histoire, anime une rencontre entre habitants au centre social l'Agora. (Image Julie Le Mest)

Sirine donne pourtant l’impression de ne pas suivre les discussions. La collégienne de 15 ans, portant de petites couettes, s’est installée au fond de la salle du centre social l’Agora de la Busserine, loin de la grande table investie par la vingtaine d’éducateurs, animateurs et associatifs. Mais la conversation qui vient de se dérouler là-bas ne lui a pas échappée. Elle fait le rattrapage pour Kayna, son amie, qui vient de s’asseoir. "Ils réfléchissent à donner le nom de Djoumbé à une bibliothèque." Le projet évoqué est porté par une association et doit être soumis à l’approbation de la famille. "Je réalise toujours pas", glisse-t-elle également. Est-ce qu’elles connaissaient Djoumbé ? Les deux adolescentes acquiescent silencieusement. Est-ce que c’est pour ça qu’elles sont là ? Même réponse, le sourire est grave.

Derrière la table, feutre à la main devant des feuilles affichées au mur, une jeune femme en tunique colorée parle également du jeune garçon. Aurélie Moulin, professeure d’histoire au collège Édouard Manet, et présidente du conseil d’administration de l’Agora, brosse rapidement les enjeux du rassemblement. "Avec les collégiens, on voulait rendre un hommage aux jeunes qu’on perd dans une circonstance de violence. Faire quelque chose."

À la Busserine ce printemps, la violence s’est placée à plusieurs reprises au cœur de la vie des habitants. D’abord par la mort du jeune Djoumbé Hassani, le 7 avril dernier. À 15 ans et demi, il est décédé des suites d’un coup de couteau donné par un garçon du même âge que lui, après un différend. La perte subite a choqué ses camarades. Aurélie Moulin est à l’origine de la présence d’une grande partie des adolescents, en cette fin d’après-midi d’un samedi, qu’il s’agisse de ses élèves du collège ou de ceux qu’elle accueille dans ses ateliers d’écriture au centre social. Les autres sont des membres actifs du "collectif jeunes" de la Busserine, regroupement informel qui organise, depuis . . .

Julie Le Mest

Commentaires

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  1. Happy Happy

    Merci pour cette série et pour ce reportage, qui prend du temps et de la place pour mettre en valeur l’intelligence et les vraies compétences de ces gens, dont les jeunes, à une époque où on se désole qu’il n’y a plus d’action collective. Continuez comme ça, bienvenue Julie dans les colonnes de Marsactu !

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  2. Voyageur Voyageur

    Oui merci. J’ai vécu longtemps dans LES quartiers. Maintenant je vis en centre ville et les dealers je les voient tous les soirs zoner autour du stade, de la plage, vers le port. J’ai appris à les repérer que voulez-vous ? Si dans le centre, les guetteurs se font plus discrets, il ne faut pas se croire à l’abri pour autant !
    D’aucuns diront : mais non, c’est un préjugé, c’est pas la vérité. Qu’est-ce qu’ils connaissent de Marseille ? Ils passent de leurs voitures climatisées à leurs bureaux vigilisés, font leurs courses dans quelques « boutiques » choisies ou sur internet puis regagnent leurs rues privatisées, avec caméras et chiens de garde. Tout va bien pour eux qui vivent d’une boîte à l’autre. En tout cas c’est ce qu’ils croient.
    J’espère que le travail de Marsactu va devenir viral lui aussi.

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