Le scandale de l’Office anti-stupéfiants de Marseille atteint de hauts dirigeants policiers

Enquête
le 15 Oct 2025
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Une enquête sur les dérives de policiers marseillais au cours d’une opération de lutte contre les stupéfiants a révélé de nombreux manquements de leur hiérarchie, jusqu’au siège de Nanterre. Un article de notre partenaire Mediapart.

Un policier du Raid à la Castellane, le 18 mars 2024. (Photo : CMB)
Un policier du Raid à la Castellane, le 18 mars 2024. (Photo : CMB)

Un policier du Raid à la Castellane, le 18 mars 2024. (Photo : CMB)

Mais où s’arrêtera donc l’enquête sur l’Office anti-stupéfiants (Ofast) ? Et surtout, jusqu’où remontera-t-elle ? Deux ans après qu’une livraison de drogue surveillée à Marseille a tourné au fiasco, un an après qu’elle a donné lieu à l’ouverture d’une instruction judiciaire, les derniers éléments recueillis par Mediapart et qui viennent compléter les nombreuses révélations déjà faites par Le Monde et Le Parisien indiquent que l’affaire met à présent en cause les plus hauts responsables de la Police nationale. Bien que ces derniers aient tout fait pour freiner l’enquête et minimiser la gravité des faits.

Un couple figure au centre des soupçons : Philippe Frizon, le directeur départemental de la Police judiciaire à Marseille, et sa femme Olivia Glajzer, fonctionnaire à l’Ofast à Marseille, qui exerce directement sous les ordres de son mari.

Olivia Glajzer se dit victime d’une cabale en interne orchestrée par l’ancien chef de l’Ofast. Cette conspiration serait motivée par le fait que, depuis son arrivée, elle aurait voulu "faire respecter la loi" et "remettre des choses carrées", selon des propos qu’elle a tenus devant l’inspection générale de la Police nationale (IGPN).

Le dossier montre une autre réalité. Olivia Glajzer est soupçonnée d’avoir tardé à avertir la justice des soupçons de corruption pesant sur plusieurs de ses agents. Elle est également questionnée par la police des polices pour avoir elle-même ordonné des perquisitions hors des clous. Et au milieu de toutes ces investigations, elle semble surtout préoccupée par le désir de garder son poste.

"Racaille d'officiers"

Quant à Philippe Frizon, il est soupçonné lui aussi d’avoir dissimulé des faits à la justice. Et il trouve légitime qu’en dépit des soupçons pesant sur sa femme, il ait sollicité le directeur général de la Police nationale (DGPN) pour s’assurer qu’elle conserve son poste si convoité par "cette racaille d’officiers", expression qu’il emploie pour désigner d’autres commissaires.

Ce n’est pas tout. L’enquête menée par l’IGPN, que Mediapart a pu consulter, révèle que ces dérives ne sont pas circonscrites à Marseille. Elles touchent aussi le siège central de l’Ofast, basé à Nanterre (Hauts-de-Seine), et particulièrement l’un de ses enquêteurs, le commandant divisionnaire Nicolas H., présenté par un des responsables de l’Ofast auprès de l’IGPN comme un "rapporteur d’affaires". Il a depuis été muté, dans  "l’intérêt du service".

Plus de cinq ans après la disparition de l’OCRTIS, l’ancêtre de l’Ofast mort de scandales très comparables, se pourrait-il que l’histoire se répète et que la trop grande proximité d’intérêts entre policiers et trafiquants éclate de nouveau au grand jour ?

À ce jour, trois policiers de Marseille, le capitaine Thomas P., le major Arnaud D. et le brigadier-chef Nouredine G., ont été mis en examen, notamment pour importation et trafic de stupéfiants en bande organisée, blanchiment, association de malfaiteurs et faux en écriture publique.

Deux d’entre eux ont été placés en détention provisoire, tout comme leurs informateurs. Quant à la cheffe de l’antenne marseillaise de l’Ofast, Olivia Glajzer, et son adjoint, le commissaire Étienne L., ils ont été mis en examen pour "faux en écriture publique par personne dépositaire de l’autorité publique".

La carrière prime

Comme l’ont révélé Le Monde et Le Parisien, l’affaire s’ébruite en décembre 2023, lorsque le numéro deux de l . . .

Pascale Pascariello (Mediapart)

Commentaires

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3 commentaires


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  1. Patafanari

    Avec des policiers pareils, plus besoin de délinquants.

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  2. habitant du 1er

    Quand je pense que le RN veut s’en remettre a la police…

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  3. Forza

    « Philippe Frizon, le directeur départemental de la Police judiciaire à Marseille, et sa femme Olivia Glajzer, fonctionnaire à l’Ofast à Marseille, qui exerce directement sous les ordres de son mari » : Vassal va prendre leur défense en disant que c’est normal, j’espère :p

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