Xavier Monnier : « Les mafieux s’ancrent et le politique ferme toujours plus les yeux »
Son travail d'enquête avait permis de faire éclore les premiers scandales de l'affaire Guérini. Le journaliste d'investigation Xavier Monnier, fondateur de feu-Bakchich, publie "Les nouveaux parrains de Marseille, l'emprise mafieuse", un livre qui fait l'état des lieux du grand banditisme marseillais et de son influence sur la ville. Interview et bonnes feuilles.
Aborder le sujet mafieux n'est pas en soi une chose aisée pour un journaliste. Outre le fait qu'il faut peser chaque mot plus que jamais, l'enquêteur prend le risque, s'il se trompe, d'alimenter des légendes urbaines, et pire encore, de pousser ses lecteurs dans une profonde résignation. Pour autant, Xavier Monnier a pris le temps, pour ce livre comme pour ses précédentes enquêtes, de faire avec le "Milieu" la même chose que d'autres font avec les mondes politiques ou économiques : de l'investigation, nourrie de rencontres avec des acteurs de tous les camps, juges, politiques, policiers et bandits, livrant des confidences riches en détails. Ainsi, Les nouveaux parrains de Marseille peut être vu comme une somme récapitulative, en quelque sorte, de tout ce que l'on peut savoir de manière certaine et recoupée, à ce jour, de ce qu'il appelle "l'emprise mafieuse" sur Marseille. Ses figures principales, ses méthodes et ses évolutions récentes. On y apprend aussi beaucoup sur les mécanismes de "porosité" qui font que certains élus, cités nommément, serrent des mains peu fréquentables ou ferment les yeux quand il le faut.
En décrivant, Xavier Monnier montre aussi, en creux, les failles, les faiblesses, de ces grands bandits que l'on a vite tendance à fantasmer. S'il raconte les parcours de chaque figure incontournable, en profondeur, procès-verbaux à l'appui, Les nouveaux parrains de Marseille n'occulte en rien les échecs et les ratés de ces grands bandits qui passent et trépassent. À la métaphore de la pieuvre tentaculaire, il préfère faire le parallèle avec un parasite. "La mafia vit sur la bête, de l'argent public, des efforts et de la sueur des citoyens qui paient leurs taxes animent la ville, se battent pour qu'elle tienne, encore, sous le mistral de violence, de corruption et de drogue qui la balaie par rafales", résume-t-il.
Les jeunes générations semblent plus désorganisées, moins introduites dans les sphères politiques, mais le livre de Xavier Monnier s'attache à montrer qu'elles suivent les mêmes ascensions, les mêmes objectifs que celles qui les ont précédées et à l'occasion s'entraident, s'allient ou se défient. Ces "nouveaux parrains" qui ont grandi dans les cités des quartiers Nord, construisant leurs baronnies grâce au trafic de stupéfiants principalement, Xavier Monnier les place dans la droite ligne de leurs aînés, pontes du grand banditisme.
Retrouvez les bonnes feuilles du livre à la suite de l'interview.
Marsactu : Vous publiez un ouvrage très documenté sur un sujet particulièrement complexe et difficile à aborder, le grand banditisme et ses ramifications. Quelle est l'origine de cette démarche ?
Xavier Monnier : Mon objectif était d'apporter des éléments dans la réflexion sur le crime organisé et sur ce qu'est une mafia. À Marseille on a l'habitude de grossir les choses, alors je souhaitais comprendre la prise exacte de ce qu'on peut appeler, ou pas, la mafia. Comprendre le degré d'imprégnation du crime organisé sur la ville. L'objectif personnel que je me suis fixé, c'est aussi d'aller voir la réalité derrière le discours tenu par les politiques et les policiers sur "ces jeunes qui se tuent entre eux" ou encore sur le banditisme qui "était mieux avant", et donc comprendre s'il y avait ou non des traits communs entre ces générations. Ces jeunes bandits, regardés avec mépris n'ont pas la respectabilité acquise par leurs aînés et j'avais envie, non pas de leur rendre hommage, mais de dire que ce ne sont pas de simple benêts qui tirent partout, sans aucun plan de carrière. Quand j'ai . . .
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Sur Campanella voir :
– l’article Élodie Crézé sur le site Marsactu du 13 mai 2014 :
https://marsactu.fr/comment-michel-campanella-faisait-son-marche-dans-le-btp/
– L’article du site La Provence du Mardi 18/10/2016 À Marseille, les truands sont éternels… :
http://www.laprovence.com/article/faits-divers-justice/4163666/campanella-sa-cavale-a-la-loupe.html
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Marseille souffre depuis toujours de cette coexistence du légal et de l’extra-légal, qui bénéficie toujours aux politiques dans la pratique des isoloirs. Besoin d’un appartement, d’un travail, d’une place en crèche, et autres, alors on va voir le politique qui bénéficie d’un réseau (propre ou sale, peu importe) et le tour est joué alors que le circuit classique ne laisse que très peu de chances d’aboutir. Oui, le regard d’Albert Londres sur Marseille est toujours d’actualité et je ne vois malheureusement pas de raison à un changement prochain…Les élus , députés, sénateurs et autres maires de la ville mangent à la même table et se partagent les mêmes plats, servis par les mêmes loufiats prompts à sortir un gun, le tout aux frais des contribuables. Bien entendu, le menu s’enrichit avec l’annonce de La Métropole qui aiguise encore plus les appétits….Et Marseille dans tout ça ?? peu importe, tout le monde s’en fout, et en plus ça donne des heures de direct pour les chaînes d’infos…. que demander de plus ??
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concernant l' »affaire » de l’Estaminet, c’est attribuer un peu vite la perte du secteur clé à cet épisode (ça n’enlève rien à sa force). Il faut se souvenir que Guérini qui ne pouvait pas voir M.A. Carlotti en peinture, et bien que ce soit le secteur où elle était élue au C.G. et qu’elle connaissait comme sa poche, l’avait d’abord nommée porte-parole, puis, sans autre explication, éjectée du dispositif. A partir de ce moment, les militants de la section PS ont été beaucoup moins enclins à mouiller le maillot pour Nono. Et c’est à mon avis ce qui a permis à la droite de garder ce secteur et à Gilles de faire l’important.
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Quelle méconnaissance ou quelle mauvaise foi !!!!!
1/ Mac élue du CG qui connaissait ce secteur comme sa poche : à l’époque son canton ne comportait qu’une infime partie du 4eme et quasi tout le 1 er
2/ porte parole mais aussi responsable de la campagne avec l’autre élu au CG Antoine ROUZEAUD : ce n’est pas sans explications mais devant une désorganisation totale de la campagne que JNG nomme officieusement directeur de campagne son propre frère …… d’où le changement radical d’ambiance !!!!
3/ militants de la section Ps lèvent le pied !!!! Mauvaise foi ou mensonge de votre part car voilà la réalité : quelques mois avant les municipales de 2008, les sections sont redecoupees à la demande de Jng et avec l’œil attentif du frère sur celles du 4/5 . Cette section échappe donc à Mac qui n’a quasiment aucun militant proche d’elle ( sinon ca se saurait depuis ) . Donc non seulement les militants mouillent le maillot mais ils affluent de tout Marseille . On n’a jamais vu autant de militants que pour cette campagne dans le 4/5 ( même pas en 1983 pour Gaston Deferre)
4/ quand à savoir si » Gilles fait l’important » je vous laisse juge de votre formule …. Mais vu tout ce qui précède je ne pense pas que vous êtes a une erreur pres …..
5/ je vous conseille fortement la lecture des excellents livres de Xavier Monnier avant de venir commenter cette période que je pense avoir vécue d’un peu plus pres que vous
Avec néanmoins cher « Jacques » mes salutations citoyennnes
Bruno Gilles
Candidat aux municipales de 2008 dans le 4/5 ( et accessoirement gagnant de cette élection comme en 1995 , 2001 et 2014 …. mais je vais arrêter la sinon on pourrait me soupçonner de faire « l’important « …)
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aie aie aie…..si Gilles juge vos livres « excellents » !!!! aie aie aie….
Bon je plaisante.
J’ai lu le premier il y a quelques années, je lirai le 2e ces jours ci. Avec plaisir, avec curiosité.
Mais cependant, j’ai une question : (existentielle !?) A quoi ça sert tout ça ????
Je m’aperçois avec désarroi que les élus que nous sommes bien obligés de subir, (même si la loi PLM est inique, même si je n’ai en aucun cas voté pour ceux ci) ont à des degrés divers, et pas forcément illégaux favorisé en quelque sorte l’installation à Marseille d’un climat mafieux…..Bon, et alors ???
Deuxième question corollaire : On en fait quoi de toutes ces informations ??
A part devenir cynique, ce que je déconseille quand même.
Peut on proposer sur le budget de la culture de la Ville, ou pour la santé morale, sur celui de la sécu, la distribution de ce bouquin à tous les électeurs ???
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Et pourquoi pas ? Proposons !
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et puis cela boosterait les ventes 🙂
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