À Marseille, des familles réfugiées vivant en appartement renvoyées à la case foyer

Enquête
le 21 Juil 2025
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L'opérateur social Adoma réduit ses places d'accueil de demandeurs et bénéficiaires du droit d'asile. Conséquence : des familles avec enfants qui vivaient en appartement individuel vont devoir habiter en foyer, dans des logements partagés et peu adaptés. Des salariés dénoncent la situation et la dégradation de leurs conditions de travail.

Le centre d'accueil pour demandeurs d'asile (Cada) Adoma du chemin de la Commanderie (15e). (Photo : C.By.)
Le centre d'accueil pour demandeurs d'asile (Cada) Adoma du chemin de la Commanderie (15e). (Photo : C.By.)

Le centre d'accueil pour demandeurs d'asile (Cada) Adoma du chemin de la Commanderie (15e). (Photo : C.By.)

"J'ai tellement peur. Ils m'ont annoncé qu'on allait déménager il y a deux jours et depuis, je n'arrive plus à dormir." Anna — à sa demande, son prénom a été modifié — ne cache pas sa crainte et son désarroi. Logée depuis deux ans, avec ses deux enfants de deux et quatre ans, dans un appartement à la Viste par l'opérateur d'hébergement social Adoma, elle va devoir le quitter pour aller vivre dans un foyer. Comme cette maman, bénéficiant du statut de réfugiée, une dizaine de familles vivant actuellement dans des logements individuels dans la grande cité du 15e arrondissement de Marseille n'auront d'autre choix, en septembre, que de déménager dans un centre d'accueil pour demandeurs d'asile (Cada). Sept s'installeront au Cada du chemin de la Commanderie, dans le 15e à Marseille, et trois dans un autre centre à Martigues, confirme la direction régionale d'Adoma à Marsactu.

Sur fond de suppression des places d'accueil à la demande de l'État, l'opérateur Adoma a décidé de rendre la dizaine de logements qu'il loue à la Viste au bailleur social Erilia. En septembre, les demandeurs et bénéficiaires du droit d'asile qu'il loge là — des familles originaires de Côte d'Ivoire, de Guinée-Conakry, du Kurdistan ou du Venezuela — vont aller habiter dans un foyer constitué de chambres de neuf mètres carrés avec sanitaires et cuisines collectifs. "Ce sont essentiellement des familles ou des mères isolées avec des enfants, parfois en bas âge. Adoma va faire des économies sur leur dos en rendant ces appartements. Seulement, le lieu prévu pour les accueillir n'est pas du tout adapté à des familles", regrette un membre du personnel.

Un couloir, six chambres

Ce jour-là à la Viste, le soleil de midi cogne dur. Sous l'ombre des arbres de Judée, deux gamins jouent à trappe-trappe au pied de la tour numéro 1. Leur p . . .

Coralie Bonnefoy

Commentaires

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4 commentaires


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  1. petitvelo

    Si l »Etat réduit les places, c’est certainement pour anticiper une nette amélioration de ses temps de traitement, proches de nos voisins européens, non ?

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  2. Patafanari

    Et après, la case retour.

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  3. Mireille Urbain

    9m² c’est la superficie d’une cellule de prison. Et lorsqu’on y place 2 et même 3 personnes, il est considéré qu’il s’agit de conditions indignes donc inacceptables. Alors une famille de 4 personnes ou 5 personnes avec de jeunes enfants…. ? Quels qualificatifs faut-il employer pour définir de telles conditions de « logement »?
    Adoma n’a sans doute pas décidé seul, l’Etat a dû donner son avis puisqu’il s’agit de réfugiés. Haro sur les étrangers en leur offrant des conditions de vie susceptibles de leur faire presque regretter leur pays d’origine même s’ils y sont menacés.

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