Renaud Muselier : "J'ai demandé la nationalité mauricienne"

"On est très bien en France, mais il faut savoir qu’on a trouvé un endroit qui est mieux que chez nous". Ainsi parlait en 2010 Renaud Muselier à propos de l'île Maurice, dans une interview passée à la postérité. L'ex-député UMP et secrétaire d'Etat aux Affaires étrangères, qui louait les charmes de cette voisine de la Réunion, a sauté le pas : "En quittant la vie politique, j'ai repris mon activité professionnelle en développant des projets dans le secteur médical à la fois à Marseille mais aussi à l'étranger et notamment à Maurice. Dans ce cadre, à Maurice comme dans d'autres pays, il est nécessaire d'avoir un partenaire mauricien pour y investir. Je n'ai pas souhaité avoir un "sleeping partner" avec le risque d'être minoritaire. J'ai donc entamé les démarches pour obtenir la nationalité mauricienne".

Dans le même temps, l'ancien ministre coupe court à toute rumeur d'évasion fiscale: "Je suis Français. Je travaille en France et j'y paie des impôts". Si le projet pour lequel il concourt arrive à son terme, il promet "des retombées économiques pour Marseille". "Je fais aussi cela pour le bonheur des Marseillais et – j'espère- celui des Mauriciens". Il n'a pas voulu s'étendre plus avant sur le teneur dudit projet: "Il y a beaucoup de concurrents et je ne peux rien dévoiler aujourd'hui. Mais cela devrait déboucher dans un avenir proche. Je suis désormais un homme libre. On a réussi à me dégoûter de la politique. Je fais donc ce que je sais faire et ce pour quoi mon savoir-faire est reconnu, c'est-à-dire le secteur médical"

"Saut de puce"

L'ancien premier adjoint de Jean-Claude Gaudin n'a pas tenu à informer le maire de ses intentions: "J'ai tourné la page de la politique. J'ai toujours séparé ma vie publique de ma vie privée et professionnelle. Je n'avais donc pas à le faire". Renaud Muselier ne découvre pas cette île de l'océan indien que beaucoup décrive comme un paradis fiscal : "J'y mène une activité de promoteur depuis près de 7 ans. Désormais je souhaite y développer des activités dans mon secteur d'activité". On se rappelle de ses 33 villas pour contribuables avides de défiscalisation, qui lui avaient valu les honneurs de Bakchich et  du Canard Enchaîné.

Pour autant, il ne compte pas résider la moitié du temps sur l'île. "J'y ferai des sauts de puce. J'aurai là-bas une équipe compétente pour suivre le projet". En attendant, il poursuit la mission que le maire lui a confié dans le suivi des projets 2013. "J'organise un séminaire de la majorité municipale pour expliquer comment nous avons mené à bien le projet 2013. Ce que j'avais promis, je l'ai mené à bien".  Une sorte de testament politique.

 

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