Lettre ouverte à nos élu.e.s, Sophie Camard, Olivia Fortin, Michèle Rubirola, Benoît Payan

Billet de blog
le 1 Mai 2021
28

                        Que sont les citoyens ? Tout
                        Qu’ont-ils été jusqu’à présent dans l’ordre politique ? Rien
                        Que demandent-ils ? À y devenir quelque chose

Mesdames et monsieur, les élu.e.s,
Sophie Camard, Olivia Fortin, Michèle Rubirola, Benoît Payan,

Remettre sur pied notre ville de Marseille est une tâche immense, comparable à deux travaux d’Hercule, nettoyer les écuries d’Augias, terrasser l’hydre de l’Herne…

Madame Olivia Fortin, ce n’est pas une mince affaire que de redonner confiance et cœur à l’ouvrage aux fonctionnaires municipaux, flattés, cajolés, mais, au fond, dédaignés par le premier magistrat de la ville pendant tant d’années.

Madame Sophie Camard, il n’est pas de tout repos de rassembler toutes les énergies, les bonnes volontés et redonner espérance aux habitants du cœur de Marseille.

Madame Michèle Rubirola, diriger les services de santé de la ville, frappée par une pandémie dont nous ne sommes pas encore sortis, est un travail qui ne laisse aucun répit.

Monsieur Benoît Payan, votre rôle de capitaine de navire au milieu de la tempête vous interdit toute distraction.

Mais voilà que vos noms circulent comme candidats possibles aux élections cantonales et régionales. Est-ce bien raisonnable?
Nous avons voté pour vous, comme des dizaines de milliers de Marseillais, pour que vous vous consacriez, de toute votre âme, à Marseille.

Non pas pour que vous briguiez un nouveau mandat à la première échéance électorale venue. De nombreux candidats du Printemps marseillais n’ont-ils pas proclamé publiquement leur opposition résolue au cumul des mandats, cette triste manie qui sape la confiance des citoyens dans la politique ?

Autrefois, un roi de France pouvait s’aventurer, déguisé, pour écouter ses sujets. Au temps de l’image souveraine, vous ne pouvez pas vous promener, anonymes, dans les rues de Marseille. En votre présence, la parole n’est souvent plus la même. Si vous pouviez entendre, vos oreilles tinteraient : déceptions, moqueries, désespérances, colères…

Une réflexion de la philosophe Simone Weil, sur la Révolution française, résonne étrangement avec la situation que nous vivons, ici, depuis trois ans :
« S’il y a eu en 1789, une certaine expression de la volonté générale, bien qu’on eût adopté le système représentatif, faute de savoir en imaginer un autre, c’est qu’il y avait eu bien autre chose que des élections. Tout ce qu’il y avait de vivant à travers tout le pays – et le pays débordait alors de vie – avait cherché à exprimer une pensée par l’organe des cahiers de revendication.
Les représentants s’étaient en grande partie fait connaître au cours de cette coopération dans la pensée; ils en gardaient la chaleur; ils sentaient le pays attentif, à leurs paroles, jaloux de surveiller si elles traduisaient exactement ses aspirations. Pendant quelque temps – peu de temps – ils furent vraiment de simples organes d’expression pour la pensée publique.
Pareille chose ne se produisit jamais plus. »

Mesdames et monsieur, les élu.e.s, faites mentir cette dernière phrase !

Vous avez été désignés pour appliquer notre cahier de doléances, Le programme du Printemps marseillais. Si vous perdez de vue cette vérité simple, nous perdrons à nouveau dans cinq ans. Et le Printemps marseillais aura vécu.


Citoyen.ne.s du Printemps marseillais 1/7
Les amis du Printemps marseillais
Citoyennes et citoyens du 4/5
Les amis du Printemps 9/10
Le Conseil local du Printemps marseillais 15/16

Commentaires

L’abonnement au journal vous permet de rejoindre la communauté Marsactu : créez votre blog, commentez, échanger avec les autres lecteurs. Découvrez nos offres ou connectez-vous si vous êtes déjà abonné.

  1. Philippe Blache Philippe Blache

    Exactement. Nous sommes nombreux à avoir fait le Printemps Marseillais, à l’avoir construit, à avoir contribué à sa victoire. Et nous sommes aussi nombreux à regarder avec perplexité la tentation qu’on observe, chez les nouveaux (sous l’étiquette “citoyens”) comme chez les anciens, de (re)tomber dans les travers que nous combattons. Nous sommes frustrés de nous contenter de vous regarder travailler. Nous ne voulons pas nous sentir trahis.

    Signaler
  2. Brallaisse Brallaisse

    Le dégoût était tel de l’ancienne majorité que cet attelage PM ,composite, s’est révélé une opportunité. PM aura une chance de réussir à une seule condition,que les comportements de l’ancienne équipe ne soient pas reproduis. La tâche est immense,alors la course aux fauteuils, il faut la laisser au vestiaire.

    Signaler
  3. Richard Cagny Richard Cagny

    Il n’y a rien de plus décevant que d’être déçu…. Epargnez-nous cela , svp…

    Signaler
    • Brallaisse Brallaisse

      Opportunité ne veut pas dire réussite.
      Nous verrons d’ici quelques mois………

      Signaler
  4. Lecteur Electeur Lecteur Electeur

    Dans le système actuel de compétences partagées et les financements croisés entre les différentes collectivités et institutions territoriales ces candidatures croisées sont malheureusement nécessaires si l’on veut changer effectivement la politique de la ville de Marseille, du département et de la région.

    De plus compte tenu de la personnalisation du système électoral il est difficile d’envoyer en tête de liste d’autres candidats moins connus.

    Signaler
    • B Filippi B Filippi

      Arguments aussi vieux que le cumul des mandats, mais guère convaincants.
      Par contre, il est vrai que le système des financements croisés est une véritable plaie.

      Signaler
  5. Jean Pierre RAMONDOU Jean Pierre RAMONDOU

    Quels sont les signataire de cette lettre ?

    Signaler
  6. Félix WEYGAND Félix WEYGAND

    Lecteur Electeur fait une remarque pertinente. Premièrement, Payan et sa binôme ont été élus pour la première fois aux dernières départementales; il est logique qu’ils se représentent au mois une fois pour rendre compte de leur premier mandat aux électeurs.
    Ensuite et plus largement, pour avoir des moyens d’action la majorité municipale a besoin d’exercer de l’influence, directement et avec le maximum d’impact, sur les autres collectivités territoriales. Il est donc légitime et utile que ses principaux animateurs (Camard, Fortin, Payan) y aillent directement.
    Enfin, il y a toujours cet espoir que ce qui s’est passé à Marseille fasse école ailleurs sur le territoire. Il faut donc bien que ce projet de gauche au-delà des partis soit porté.

    Signaler
    • Philippe Blache Philippe Blache

      En politique, il y a des principes. Le non-cumul des mandats en est un. C’est la base de la démocratie. Cumuler des mandats, c’est empêcher une représentation équilibrée et représentative de la société, c’est penser que des individus sont plus importants que les dynamiques collectives, oublier qu’ils sont nos mandants et pas l’inverse, c’est concentrer les pouvoirs aux mains de quelques-uns, c’est créer la professionalisation de la classe politique (en cumulant au passage des indemnités conduisant à des revenus mensuels plus que confortables cf. le bouquin “Gouverner Marseille”). C’est confisquer la démocratie. Alors non, M. Weygand, mille fois non, ces pratiques ne sont pas les nôtres et nous sommes nombreux, très nombreux à vouloir/pouvoir porter ce projet de gauche bien au delà des partis. En commençant par les guérir de ces comportements qui ne font qu’affaiblir la démocratie et éloigner les citoyens du pouvoir.

      Signaler
    • Assedix Assedix

      @ Philippe Blache: On peut tout de même distinguer les différentes situations.
      Autant je suis d’accord pour dire que si Olivia Fortin devenait Présidente de la région, il serait souhaitable qu’elle renonce à ses fonctions d’adjointe (même si je la regretterais dans ce rôle), autant en ce qui concerne Sophie Camard, cumuler un mandat de conseillère départemental avec celui de maire de secteur, cela ne me paraît surhumain non plus…

      Quant à Michèle Rubirola… si certains sont encore prêts à voter pour elle, j’ai presque envie de dire qu’elle aurait tort de se priver — mais honnêtement je n’y crois pas.

      Signaler
    • julijo julijo

      Parfaitement d’accord avec Philippe Blanche
      On trouvera toujours une bonne explication pour justifier un cumul quelconque, d’aucuns ont beaucoup par le passé prôné une « efficacité » plus large !! Poudre aux yeux, y a-t-il un seul exemple concret du bénéfice retiré par les citoyens ? un député-maire, un sénateur-maire, un maire- conseiller départemental…etc. non. Pas vraiment. La multiplication des casquettes sur la même tête engendre généralement un pouvoir accru, et surtout le non-renouvellement des élus, et enfin une rente de situation avec les excès qu’on peut connaître.

      Signaler
    • Félix WEYGAND Félix WEYGAND

      @Julijo : sur le bénéfice retiré par les citoyens sur le fait que leur maire ou ses adjoints soient aussi élu au Conseil départemental ou régional ? Ah oui ! il est réel et évident. Les politiques publiques sont tellement morcelées qu’il vaut mieux avoir plusieurs leviers de commande pour arriver à faire quelque chose ! (et il vaut mieux que ce soit collectif :que dans la même majorité municipale, il y ait des membres qui se répartissent dans les différentes CT).
      Mais bien sûr c’est en soi une mauvaise raison pour défendre le cumul des mandats et je suis bien d’accord pour dire qu’il faut qu’il soit limité, voire aboli, mais cela implique de réorganiser différemment les pouvoirs publics.
      @ Philippe Blache et Julijo. Vous avez raison, mais pour que ce que vous dites soit opérationnel, il faut que : 1°) le mille-feuille administratif soit simplifié pour avoir des élus, moins nombreux peut-être mais, qui exercent un vrai pouvoir (de décision dans la majorité, de contrôle dans l’opposition) 2°) un statut de l’élu existe pour que les élu-e-s mandaté-e-s (ce sont les citoyens qu’ils représentent les mandants) puissent effectivement s’y consacrer le temps de leur mandat sans être ni des professionnels de la politique, ni des retraités (ou un nombre restreint de professions permettant de s’occuper vraiment de son mandat sans perdre son job pour toujours).

      Signaler
    • BRASILIA8 BRASILIA8

      puis une troisième fois pour rendre compte du deuxième tous ces conseillers sont présentés par des partis et votent en fonction des consignes qu’ils reçoivent et rendent des comptes à leurs dirigeants jamais à ceux qui ont voté pour eux alors un mandat et basta !!!

      Signaler
  7. Jacques Le Maitre Jacques Le Maitre

    Une question. Est-ce que les membres des associations signataires de cette lettre ont été consultés sur son contenu avant qu’elle ne soit envoyée ?
    Jacques Le Maitre

    Signaler
    • Gregoire13 Gregoire13

      Bien évidemment!

      Signaler
  8. Gregoire13 Gregoire13

    Puisque, dans nos statuts (citoyennes et citoyens du 4/5) est inscrit la consultation de tous nos membres, pour toute déclaration publique. Il en a été de même pour les autres associations

    Signaler
    • Jacques Le Maitre Jacques Le Maitre

      En ce qui me concerne, je n’ai pas été consulté par mon association celle du 9-10, à moins qu’un mail ne se soit perdu

      Signaler
    • julijo julijo

      Jacques le maître, soyez plus clair. un mail peut se perdre…..
      Vous n’êtes donc pas ok avec ce texte ?

      Signaler
    • Jacques Le Maitre Jacques Le Maitre

      Non, je ne suis pas d’accord avec une partie de ce texte et j’aurais bien aimé qu’une discussion ait lieu au sein de notre association (Amis du PM 9-10) afin de décider de signer ou ne pas signer cette lettre or cette discussion n’a pas eu lieu. Pour moi cette lettre aurait dû être signée nominativement.

      Signaler
  9. Hde mars Hde mars

    Incompréhension de ma part car depuis le début il était clair que pour gérer au mieux Marseille il fallait des élues au département et a la région.Le PM a rate les elections de la metropole en se faisant doubler par vassal et les elues de gauche plus clienteliste .
    Et que je sache Rubirola et Payan sont deja elus au departement ce qui n’ a pas empeche leurs amis de les mandates pour etre maire

    Signaler
  10. Brallaisse Brallaisse

    Félix , votre playdoyer de l’élu est intéressant mais pose un problème. Vous validiez implicitement le cumul des mandats, du moins en partie. Vous n’allez pas assez loin sur les mandats , nous constatons l’écart entre le pourquoi les gens sont élus et ce qu’ils réalisent réellement, le clientélisme ne sert qu’à cela, je te file ce que tu me demandes et tu ne m’embête pas sur ce que je fais. Enfin le serpent de mer du statut de l’élu, que ces derniers arrêtent de cumuler ( les sous!!!!!!!) dans les différentes assemblées, conseils d’administration,etc. Qu’ils passent moins de temps à se faire tirer le portrait, à prendre des vacances sur notre compte au travers de voyages d’études à Miami ou ailleurs. Évitons de créer encore une catégorie de privilégiés,car bien entendu cette nouvelle catégorie voudra être aussi bien lotie que les députés ou les sénateurs.
    Vous allez me dire ,que faisons nous ? .Remettre la compétence et les financements où ils doivent êtres.
    Exemple, en ce moment le Vallon des Auffes, en quoi la métropole peut être compétente sur l’occupation d’un cabanon à Marseille ?.A la limite le préfet ou le préfet maritime pourrait gérer cela dur la base des textes existants.Vous l’avez bien compris, la feuille métropole du mille feuilles est une verrue.

    Signaler
    • Félix WEYGAND Félix WEYGAND

      L’écrasante majorité des élus locaux n’est pas indemnisée, c’est d’ailleurs pour cela qu’on a du mal à trouver des gens pour être candidats dans les petites communes ou les conseils d’arrondissement et que l’on se retrouve soit avec des retraités soit avec des fondus en si grand-nombre.
      Pour les mandats où il y a une indemnité, c’est vrai qu’en en cumulant 2 on peut avoir un revenu de cadre moyen à supérieur. Au-delà comme vous le savez c’est écrêté et donc le cumul ne rapporte pas d’argent en plus.
      Pour les mandats qui exigent vraiment d’y passer un temps significatif et d’acquérir des compétences techniques, administratives et budgétaires compliquées : oui, il faut un statut de l’élu. Ce statut doit être contraignant : avec des modalités de formation initiale, et continue en cours de mandat, avec des obligations de compte-rendu régulier des activités, etc. mais aussi avec des modalités (salaires, couverture et protection sociale) qui permettent de se consacrer vraiment, à temps plein ou à mi-temps, à 1 seul mandat, limité quand à son renouvellement, pendant 5 ou 10 ans, dans le courant d’une vie professionnelle et sociale “normale”.
      Cette absence de statut est aussi une raison qui fait le clientélisme et la course à la photo dans le journal : pour un élu local “professionnel” aujourd’hui, la principale crainte c’est de perdre son job à la prochaine élection. En général, un tel élu ne s’occupe donc qu’assez peu de ce pourquoi ils a été mandaté et beaucoup de sa prochaine élection. S’il échoue, il sait qu’il sera condamné, dans le meilleur des cas, à devenir à son tour le “client” d’un élu puissant qui lui filera un job de vacataire, de permanent de parti quand ce n’est pas un emploi fictif dans une entreprise dépendante des marchés publics…
      Le statut permettrait d’avoir des élu-e-s plus représentatifs de la diversité de la société, en âge, en profession, en genre et en origine, mieux formés, plus actifs sur leur responsabilité. Il rendrait plus facile les règles de non cumul, libèrerait les élus de l’emprise clientéliste à laquelle ils sont eux mêmes soumis au sein de leur parti ou de leur assemblée et favoriserait la moralisation de la vie publique.

      Signaler
  11. Brallaisse Brallaisse

    Ce qui est terrible dans votre commentaire Félix , c’est cette phrase “s’il échoue, il sait qu’il sera condamné, dans le meilleur des cas, à devenir à son tour le “client” d’un élu puissant qui lui filera un job de vacataire, de permanent de parti quand ce n’est pas un emploi fictif dans une entreprise dépendante des marchés”. Heureusement que beaucoup de gens comme moi ne dépendent pas de ce système. Mais votre remarque explique beaucoup de choses,

    Signaler
  12. patrick patrick

    Zéro cumul, et je ne voterai pas pour un cumulard. Libre au PM de perpétuer ce système mais sans moi.

    Signaler
    • Brigitte13 Brigitte13

      Monsieur Mélenchon n’est pas un cumulard avec 62 années de mandat ?

      Signaler
  13. Gregoire13 Gregoire13

    La campagne municipale du printemps 2020 à Marseille a suscité l’engagement citoyen de très nombreux habitants. Des personnes de tous âges, venues de divers horizons, adhérentes ou non à un parti politique, ont agi ensemble dans tous les arrondissements de la ville.
    Les associations se sont contituées afin de faire vivre cette dynamique qui avait été la condition première de la victoire.
    Par exemple, l’objet (article 2 des statuts) des Citoyennes et citoyens du 4&5 est “d’accompagner l’application du Programme du Printemps marseillais” et pour cela,
    “d’animer, de soutenir, d’évaluer l’action de la municipalité, considérant qu’il faut dorénavant faire de la politique autrement et mettre en place les outils d’une démocratie participative”.
    Les quatre autres signataires partagent le même objectif.

    Signaler
    • Brallaisse Brallaisse

      Je ne connaissais pas cette résolution,mais qu’avaient t’ils fumé ?

      Signaler
  14. Gregoire13 Gregoire13

    Une dernière précision sur les signatures de la lettre ouverte:
    au sein de chaque association, les décisions ont été prises à la majorité. Cela signifie que des membres étaient en désaccord, généralement sur la forme, très rarement sur le fond.

    Signaler

Vous avez un compte ?

Mot de passe oublié ?


Ajouter un compte Facebook ?


Nouveau sur Marsactu ?

S'inscrire