Alors que les masques tombent, la baisse de la circulation de la Covid marque une pause

Billet de blog
par MalMass
le 9 Mar 2022
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Dès février, le gouvernement et ses experts pro domo annonçaient un relâchement probable de la plupart des restrictions sanitaires restantes avant fin mars ou début avril, pour ne pas sembler à la traine des autres pays européens à quelques semaines des élections présidentielles. Le 3 mars, cette perspective a été concrétisée par le premier ministre qui annonçait la suspension du passe vaccinal à partir du 14 mars, ainsi que la fin de l’obligation du port du masque dans les espaces intérieur à l’exception des transports en commun. Raison officielle de ce relâchement anticipé : les chiffres rassurants de l’épidémie.

Il ne s’agit pas ici de discuter de la levée des restrictions car, sans l’avouer trop ouvertement, on pourrait décider de vivre normalement en acceptant une surmortalité et une gestion différente des priorités à l’hôpital. En revanche, l’argument avancé pour justifier le retour à la normale mérite d’être discuté car si la circulation virale a fortement reculé, la baisse du nombre de cas détectés s’est fortement ralentie pour se stabiliser ces derniers jours à un niveau élevé, avec un taux d’incidence supérieur à 500 nouveaux cas sur sept jours pour 100 000 habitants, soit dix fois plus que le seuil d’alerte qui valait fin 2021 et autant qu’au début décembre 2021, quand le gouvernement avait décidé de durcir sa politique d’obligation vaccinale non assumée (cf. graphique infra).

Certains diront que les deux périodes ne sont pas comparables parce qu’entre temps, le variant Delta a cédé sa place au variant Omicron. Or ce variant est supposé beaucoup plus contagieux mais beaucoup moins dangereux que les précédents, sur la base d’analyses observationnelles de même type que celles mobilisées en 2020 par le professeur Didier Raoult pour attester de l’efficacité de son  traitement. Un taux d’incidence de 500 aujourd’hui ne serait donc pas comparable au même taux à la fin de l’année dernière.

Cet argument pourrait être tenable mais il faut le nuancer car il y a trois mois, beaucoup se testaient par précaution dans la perspective des rassemblements festifs de fin d’année, tandis que le protocole scolaire mis en place multipliait les tests. Depuis, le protocole scolaire a été allégé conduisant à faire reculer le nombre de tests enregistrés chez les plus jeunes et, indirectement, dans leur famille. La mise en place de deux catégories de citoyens aux droits inégaux, induite par le remplacement du passe sanitaire par le passe vaccinale, a aussi pu conduire à faire diminuer le nombre de tests effectués, puisqu’elle a mis fin aux tests réalisés par ceux qui, hostiles au vaccin, se faisaient tester pour profiter des mêmes libertés publiques que les vaccinés. Dans ces conditions, la proportion de cas détectés par les tests par rapport au nombre de cas réels a sans doute reculé, donnant une impression faussée de la baisse réelle de l’épidémie, en l’accentuant.

De fait, le nombre quotidien des nouvelles hospitalisations “Covid” se stabilise aussi depuis plusieurs jours à un niveau élevé, proche de celui atteint fin novembre, pour les Bouches-du-Rhône, ou début décembre pour le niveau national. C’est aussi le cas pour les entrées en soins critiques pour notre département (cf. deux graphiques infra). En terme de gravité, la circulation virale est donc loin d’avoir retrouvé le niveau de la fin de l’été dernier.

L’écart entre la situation réelle de la circulation virale d’une part, le discours et les mesures sanitaires prises, d’autre part, ne fait que conforter le constat fait depuis deux ans d’une politique sans cesse improvisée où la réalité sanitaire n’est qu’une circonstance parmi d’autres, au même titre que les choix des pays voisins et les impératifs électoraux internes, car tous les leviers sont bons pour se faire réélire quand la conquête du pouvoir se fait pour enrichir son cursus plutôt que pour défendre des valeurs. On comprend mieux alors le refus obstiné du gouvernement de répondre favorablement aux demandes des parlementaires de déterminer des indicateurs et des seuils pour fixer le moment de la levée des mesures les plus liberticides de sa politique “sanitaire”. Piloter rationnellement et en toute transparence sa politique sanitaire n’aurait pas permis au Roi de mettre en scène sa bienveillance souveraine vis-à-vis de ses sujets soumis.

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