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Ébauches et explications

Chronique
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[vc_row][vc_column][vc_single_image image="114865" img_size="full" add_caption="yes" alignment="center"][/vc_column][/vc_row][vc_row][vc_column][vc_column_text]Michel Samson explore les créations, lieux, acteurs et publics de la culture. Son idée, notre idée, est de proposer un regard sur ces propositions culturelles et artistiques qui interrogent la ville, parle d'elle et de (certains de) ses habitants. Pour ce nouvel épisode de la série, Michel Samson saute d'un long métrage en construction à un autre bientôt en diffusion en passant par de la poésie en chantier.[/vc_column_text][/vc_column][/vc_row][vc_row][vc_column][vc_column_text]
Il attrape une mouette morte sur la décharge, l'apporte au patron avec son pote, devant ses Algeco-bureaux le patron refuse de payer, engueulades, les deux se cassent. Les vues de la décharge sont impressionnantes sur ce générique qui défile, merde… Filmus interruptus ! Les 200 spectateurs de l’Alhambra, le cinéma de Saint-Henri, semblent presque déçus. Pourtant ils savaient en venant qu’ils ne verraient que quelques images du Crimes des anges, l’animatrice de la soirée Delphine Camolli, de l’association Tilt, les avait bien avertis. Cette étrange séance de presque-cinéma avait une fonction : recueillir des fonds, des signatures, des aides de toutes sortes pour le long métrage que Bania Medjbar avait écrit et tourné, à Marseille bien sûr, et qui est en début de montage. D’ailleurs son et images sont brutes. Une mise en appétit réussie : oui, les images du film sont belles et relèvent bien du cinéma de création. "Allez tout le monde sur scène", incite l’auteure de courts métrages et directrice de casting, Bania Medjbar. Les acteurs, les figurants, le cameraman, le preneur de son, le régisseur et d’autres encore, tous ces indispensables au tournage d’un film la rejoignent. Beaucoup s’embrassent, quelques-uns disent un mot. Une amatrice qui fait un peu de théâtre, "j’ai pris quatre jours sur mes congés d’été", raconte sa découverte de ce qu’est le tournage d’un film de fiction : on attend, on recommence, on a peur de rater. Mais Bania vous encourage, vous remercie, le preneur de son est gentil, le cadreur impeccable. A elle seule, cette mise à nu de la façon de construire un long métrage valait le coup. Quelques autres images, rushes de la même scène de dispute mais "sans les mots" ; making of en noir et blanc qui montre l’équipe au travail ; brouillon de présentation générale du film (rien sur son intrigue réelle) montrent encore ce squelette qui cherche sa chair. Et a justement besoin d’argent pour aller au bout.

De l'Estaque à la Joliette

Ils entrent sur la grande scène. Quatre musiciennes équipées de leurs instruments à corde, s’asseyent sur les chaises transparentes ornées d’étranges figurines mortuaires, et lui cheveux assez rares et gris. Il s’assied demande à sa voisine violoniste si son instrument est en bois, elle acquiesce, il entame une sorte de conférence, papier en main, sur le réchauffement climatique. Son discours tranquille et baroque où les jeux de mots se cognent, est ponctué de thèmes joués par les trois violonistes et la contrebassiste. Elles sont virtuoses, leurs voix forment parfois des sortes de chœur, elles se déplacent, lui marche en long et large. Le spectacle est bizarre, étrange même, la musique est magnifique qui vogue du jazz à Mahler en passant par Nino Ferrer, la gravité des choses évoquées se niche toujours dans des phrases, bouillonnantes ou calmes, qui rebondissent les unes sur les autres. Les plus anciens peuvent penser aux Quatre Barbus ou au Frères Jacques, mais brusquement l’intensité musicale souligne l’absurde tragique de la course aux armements. L’orateur aligne les noms d’animaux : panthère, milan, alouette… que les hommes ont choisi pour désigner leurs armes de destruction d’autres hommes. Il les énonce avec leurs caractéristiques militaires chiffrées et finit avec ces noms d’indiens choisis pour les mêmes tâches mortifères: Apache, Dakota, Coyote... Cet étrange spectacle emporte l’adhésion, il est par moments comique à d’autres instants romantique et se termine par une ode au vent chantée et jouée par la contrebassiste seule en scène très émouvante –et d’une calme reposant. Ces Chansons climatiques et sentimentales sont présentées par la compagnie VoQue (voix, invocation, équivoque) de Jacques Rebotier et du quatuor Pamela. Elles sont l’aboutissement de leur longue résidence au Théâtre de la Joliette qui les présentait la semaine dernière. Un Bord Plateau d’après spectacle permettait au public de bavarder avec les artistes. Assis face à nous, ils expliquaient leur travail, comme Bania Medjbar son film. On y apprenait que Jacques Rebotier écrivain, chanteur, musicien, compositeur –et conférencier oulipien sur scène…- écrivait tout, et même les hésitations verbales ou musicales. Et que les musiciennes, toutes professionnelles reconnues et venues d’univers musicaux différents, avaient dû travailler beaucoup pour se déplacer avec leurs instruments archet à la main ou en jouer allongées sur le dos.

Parler cinéma

Au 15e festival de cinéma espagnol à Marseille, Cinehorizontes, on a aussi pu entendre des artistes parler de leur travail, c’en était décidément la semaine. Jean-Claude Larrieu, chef-opérateur de Pedro Almodovar, racontait comment lui, dans l’obscurité, captait la lumière sur les visages pour l’émouvant bijou qu’est Julietta. Mais on aussi pu voir l’inédit El Perdido. Pour conclure cette chronique, un conseil : allez voir El Perdido, quand il sortira en France (en décembre). Ce film de Christophe Farnarier, né à Marseille et vivant en Catalogne, est exceptionnel pour ses paysages pyrénéens, magnifiques et filmés en lumière naturelle, ce qui est devenu rarissime au cinéma. Il l’est encore plus parce qu’on n’y voit qu’un seul personnage et qu’on n’y entend pas un mot. Pas un seul ! Et que ce film est superbe…
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Marseille Provence Métropole : débats du tac au tac avant le tic tac des...

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Le conseil s’est mieux passé que les deux précédents – où une pile de délibérations avaient été votés tardivement en bloc puis vitesse grand V dans un hémicycle en voie de désertification – mais le constat perdure : les débats à Marseille Provence Métropole nécessitent un cadrage. La mesure pour y remédier est d’ailleurs annoncée par son président Eugène Caselli (PS) pour le prochain conseil : l’instauration d’un temps de parole à la proportionnelle de la représentativité des groupes, comme c’est déjà le cas au conseil municipal.

Père de famille contre apocalypse now

La séance de ce lundi a démarré par un débat assez classique sur le budget. La majorité égrainant sur un ton lénifiant les preuves de sa gestion « en bon père de famille », pour reprendre l’expression de Jean-Pierre Fouquet (Europe Ecologie-Les Verts), qui a cependant regretté de « ne pas voir la marque des écologistes » dans le document. Pour le groupe communiste, républicain et citoyen (CRC), Patrick Magro a lui aussi soutenu en nuances l’exécutif, appelant à « une redistribution aux communes plus solidaires ».

Du côté de l’opposition, Renaud Muselier s’est livré à ce qu’Eugène Caselli a qualifié par la suite de « réquisitoire habituel » : la dénonciation d’une « dérive qui discrédite et d’un immobilisme qui asphyxie ». Au menu : l’augmentation des charges de fonctionnement, la lenteur selon lui du démarrage des projets de transport, la récente visite « à Canossa » d’Eugène Caselli chez le président du CG13 Jean-Noël Guérini, la critique de sa position sur la métropole… « Le problème est que tous les ans vous décrivez l’apocalypse future et qu’elle n’arrive jamais », a répondu Eugène Caselli, avant de rejeter la faute sur la précédente mandature Gaudin/Muselier, qui aurait obéré les capacités d’investissements de la collectivité. « En 2007 (année précédent son accession à la tête de MPM, ndlr), la capacité de désendettement se situait aux alentours de 27 ans. Elle est aujourd’hui de 15 ans. »

Impôts : des hauts et des stables

Côté impôts pas d’augmentation des taux pour les ménages (dont les prélèvement progressent néanmoins en même temps que les bases). Mais un passage – contesté par l’opposition – de 31,47 à 32,63% de celui de la cotisation foncière des entreprises, qui remplace la taxe professionnelle. En revanche la taxe d’enlèvement des ordures ménagères ne bouge pas, même si MPM doit puiser dans son budget principal 3,4 M€ pour mettre à l’équilibre celui – séparé depuis 2011 – des déchets.

Et si la collectivité doit, comme l’impose la loi depuis 2005, harmoniser ses taux entre les 18 communes (qui vont de 5,11% à Châteauneuf-les-Martigues à 17,8% à Marseille) d’ici 2015, comme l’a rappelé Albert Lapeyre (UMP). « En période de crise, nous n’avons pas voulu augmenter les taux, mais la question va se poser l’année prochaine avec les maires pour savoir si l’on fait une hausse en deux fois pour qu’elle ne soit pas trop forte », reconnaît Eugène Caselli. Au final, MPM encaissera en 2012 environ 17 M€ supplémentaires de recettes (soit +2,6%).

Logement : nouveau plan, nouveaux outils

Autre gros dossier du jour : le programme local de l’habitat (PLH), qui fixe pour 2012-2018 les objectifs du territoire en la matière. C’est-à-dire 6200 logements (contre 6000 pour le précédent) dont 5000 pour Marseille et 1700 sociaux (500 de plus que la dernière mouture). Dans la majorité, le groupe CRC s’est cependant abstenu pour marquer notamment ses réserves devant l’absence de « rééquilibrage vers les PLUS et les PLAI » (les logements aux critères de revenus les plus bas), a justifié Haouaria Hadj-Chikh.

Une position qu’a regretté le maire de Gignac-la-Nerthe Christian Amiraty (PS), face à la « volonté très forte exprimée par la plupart des communes et qui ne tient pas compte que les choses doivent s’étaler dans le temps ». Même discours pour Samia Ghali, la vice-présidente PS chargée du dossier qui, outre les objectifs désormais par arrondissements pour Marseille, a fait voter par la concrétisation des nouveaux outils annoncés suite aux Etats généraux du logement. Tout en regrettant que d’autres ne soient pas encore utilisés davantage, preuve qu’on n’a pas tout essayé en la matière… Ce que montre également le flou de ses réponses sur les alternatives à l’hébergement d’urgence, stratégie désormais suivie – sur le papier -par le ministère.

Duel Teissier-Mennucci et siège du maire

Et après ? C’est là que ça se gâte, chacun semblant désireux de clamer haut et fort sa position sur le réaménagement du Vieux-Port et le dossier – qui lui est très lié – des transports. Quitte à refaire un match déjà largement joué en conseil municipal et lors des précédentes séances au Pharo. « Ca fait 15 fois qu’on fait des discussions sur le BHNS. Cela a été voté, toutes les explications ont été données », s’est d’ailleurs un peu emporté Eugène Caselli alors que Samia Ghali et Marie-Louise Lota (UMP) demandaient la parole.

Demande accordée par le président, tout en faisant bien comprendre que la prochaine fois, la fin de la récré serait sifflée. Patrick Mennucci (PS) et Guy Teissier (UMP) en ayant abondamment profité ce lundi. Pendant le débat sur les transports, les deux possibles prétendants à la mairie de Marseille en 2014 se sont retrouvés face à face, leurs sièges séparés par une seule rangée, s’interpellant dans leurs discours puis finissant par se répondre du tac au tac. « Si vous faites un dialogue je conclus« , est intervenu Eugène Caselli, alors que d’autres observaient le duel avec amusement.

Un côté arène politique que ses protagonistes sauront sans doute préserver même avec un temps de parole minuté… « Monsieur Teissier est parti mais je lui répond quand même », lançait plus tard le président de MPM, avant de s’apercevoir qu’il avait « pris le siège vide du maire de Marseille. Vous l’avez fait exprès hein… » Qui va à la chasse perd sa place en 2014 ?